Projet de recherche pour le contrat 2011-2015

À l’occasion du quadriennal écoulé (Voir le bilan des activités du centre entre 2007 et 2010), le CEMMC a témoigné d’une grande vitalité scientifique puisqu’on dénombre au total douze colloques internationaux qui sont déjà publiés ou en cours de publication,  ainsi que de nombreux séminaires et journées d’études. Par ailleurs, le Centre profite de trois ANR (« Gaullistes : hommes et réseaux » dirigée par Bernard Lachaise, « Mobilités, population, familles dans la France du Nord » dirigée par François-Joseph Ruggiu et « Information  ouverte, information fermée » dirigée par Sébastien Laurent) qui représentent un incontestable facteur de dynamisme.

Le Centre a su faire preuve d’un rayonnement international, notamment en direction de l’Allemagne et de l’Europe centrale, pays avec lesquels des colloques ont été organisés. Chaque année, des professeurs on été invités au sein du centre de recherches et ont participé à nos séminaires. On pensera notamment à Milena Lenderova (Université de Pardubice), Jaroslaw Dumanowski et Stanislas Roszak (Université  de Toruń), Istvan Majoros (Université ELTE Budapest), Vladimir Korotkov (Université Herzen), Vladislava Sergienko (Université Lomonossov, Moscou), Dimitri Tzanev (Sofia). Plusieurs programmes Hubert Curien (PHC) ont été obtenus (Balaton, Polonium). Nous sommes aussi en relations fréquentes avec la Péninsule ibérique, l’Angleterre, l’Italie, le Canada et l’Amérique du Sud. Plusieurs thèses et masters en cotutelle consacrent cette orientation. Nous avons d’ailleurs l’intention de rééquilibrer cette politique puisque l’axe sur les villes portuaires sera ouvertement dirigé vers l’Atlantique. Dès 2010, le professeur Nicholas Rodger (Oxford) sera d’ailleurs invité par le Centre avec son homologue Manuel Bustos (Cadix) pour un séminaire sur les marines de guerre européennes.

Cette politique scientifique a été facilitée du point de vue de sa mise en œuvre par la bonne organisation du Centre qui s’appuie sur des réunions régulières de son Conseil scientifique et qui profite du travail efficace de son ingénieur de recherches, Madame Marie Boisson-Gabarron secondée par Lara Rosenberg, assistante ingénieur contractuelle. Toutes les actions sont véritablement décidées en commun, à l’instar de ce rapport qui a réellement fait l’objet d’une réflexion et d’une rédaction collectives. D’autre part, le groupe des Jeunes Chercheurs est une cellule de propositions très stimulante pour la réflexion et a fait preuve d’un grand dynamisme dont témoignent la régularité de ses séminaires où se rencontrent des doctorants et la publication des journées qu’il a organisées (l’une déjà parue en 2008, l’autre à paraître en 2010). Enfin, le site du Centre, géré en interne par trois enseignants-chercheurs est très consulté et nous permet de nouer de nombreux contacts scientifiques.

Une véritable politique d’édition des actes de colloques qui cherche à éviter l’auto-publication a été entreprise. C’est ainsi que plusieurs colloques ont été publiés ou le seront chez Armand Colin, les éditions Les Perséides et les Presses universitaires de Rennes. Cette politique ne nous empêche pas d’avoir, au coup par coup, de bonnes relations avec les éditeurs locaux (PUB, MSHA). Par ailleurs, nous cherchons, chaque fois que cela est possible, à publier le contenu de journées d’études dans des revues spécialisées. Cela sera par exemple le cas pour la journée sur Les sources de l’histoire de la justice qui sera publiée par Histoire, Économie, Sociétés, courant 2010.

Une recherche de partenariats avec d’autres centres de recherches et d’autres universités a été développée. En 2009, une convention été signée avec l’École des Chartes. Des projets en commun ont été montés avec le Centre d’Histoire de Sciences Po (Paris), le Centre de l’Europe centrale (Paris IV), le GEPECO (Paris VII), l’Institut d’histoire contemporaine (Munich). Une collaboration a été mise sur pied avec le GDRE de Gérard Béaur (EHESS) sur l’Histoire des campagnes européennes. Nous essayons en particulier de développer des liens scientifiques forts à partir des colloques, ce qui a été le cas à la suite du colloque sur les élites et la terre avec Histoire et Société rurales. Plusieurs chercheurs du Centre sont membres du GIS-Histoire Maritime dirigé par Gérard Le Bouëdec (Université de Lorient). Le CEMMC s’est associé au projet EURESCL, 7ème PCRD qui a débouché sur un colloque sur les affranchis. Enfin, plusieurs de nos membres participent autour de Christophe Bouneau à l’ANR Emballages.

La recherche de bonnes relations avec les acteurs de la vie économique a été effectuée, ce qui n’est jamais évident pour les SHS.  Plusieurs partenariats ont ainsi pu être dégagés à l’occasion de nos manifestations scientifiques avec Saint-Gobain Emballages et les Cristalleries  Saint-Louis (verre et vin), les institutions bancaires (Casden BP, Caisse d’Épargne, Fondation Partenariat Banque Populaire) et les assurances (GMF, Maïf) ainsi que plusieurs châteaux de la viticulture bordelaise (Yquem, Beychevelle et Ausone notamment). Pour le prochain quadriennal, nous avons également noué des contacts avec les musées bordelais (Musée d’Aquitaine, Musée des Arts décoratifs) qui souhaitent des partenariats dans le cadre d’expositions. Notre action  se développe enfin avec le soutien constant des sociétés savantes fédérées par la Fédération Historique du Sud-Ouest.

Ces liens nous semblent d’autant plus importants que le CEMMC a parfois du mal à se situer dans les orientations scientifiques définies par le PRES de l’Université de Bordeaux. Comment s’intégrer dans des actions sur le développement durable ou les politiques de  santé ? Pour y répondre, nous avons par exemple structuré un axe autour des politiques d’action publique, mais il ne faut pas non plus cacher que la plupart de nos chercheurs ne sont pas orientés vers ces domaines dont l’émergence est récente.

Enfin, un autre problème subsiste qu’il faudrait corriger dans les années à venir, un espace scientifique insuffisant. L’absence de maison de la Recherche pour les SHS est ici préjudiciable et la bonne tenue scientifique de nos rencontres, et en particulier de nos colloques, est entièrement redevable à la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine dirigée par Christophe Bouneau. 

LE PROJET ET LES OBJECTIFS DE L’UNITÉ ET LEUR MISE EN ŒUVRE

Le projet scientifique du Centre d’Études des Mondes Moderne et Contemporain (CEMMC) sera organisé autour de trois axes :

- Les élites européennes du XVIe siècle à nos jours : modèles, transferts, singularités (sous la responsabilité de Laurent Coste et François-Charles Mougel)

- Identité et territoires des villes portuaires (XVIe-XXe siècle) (sous la responsabilité de Michel Figeac et Bruno Marnot)

- Les frontières de l’action publique (Europe, XVIe-XXe siècle) (sous la responsabilité de Florence Buttay et Sébastien Laurent)

Les deux premiers axes existaient  dans le précédent quadriennal mais ils ont évolué dans leurs thématiques comme dans leurs objectifs en fonction des résultats obtenus. Le troisième est une transformation de l’axe qui était intitulé lors du précédent exercice « Jeux et enjeux de l’information ». La rédaction des trois programmes a été intégralement collective, réalisée au cours de trois séminaires d’une journée puis par échange de mails. Des professeurs aux ATER, l’intégralité de l’équipe du CEMMC a collaboré. L’axe élite ayant été extrêmement productif en termes de colloques et de tables rondes, il nous a semblé nécessaire de trier la synthèse de cet apport intellectuel. C’est pour cela que le programme a été conçu autour d’un projet d’ouvrage collectif qui structurera la réflexion. En revanche, l’axe portuaire a été une réactivation d’un secteur dans lequel l’Université de Bordeaux 3 s’était naguère illustrée. Nos chercheurs ont mis en route des programmes qu’ils souhaitent confronter maintenant avec d’autres chercheurs dans le cadre de tables rondes et de colloques. La troisième thématique a émergé plus récemment, ses coordonnateurs devront nouer des contacts, élaborer des programmes dans des secteurs qui vont de l’éducation aux politiques de santé publique.

Par ailleurs, le CEMMC s’est doté d’une thématique transversale qui est adossée aux trois axes ci-dessus autour de l’Europe centrale : « Les formes et l’enjeu de l’échange entre la France et l’Europe centrale 1619-1989 ». Nous avons, en effet, développé depuis dix ans des relations croisées avec cet espace géographique qui ont débouché en octobre 2008 sur l’organisation d’un colloque international sur « Le rayonnement de la France en Europe centrale », sur plusieurs thèses en cotutelle ainsi que sur des échanges Erasmus. Il s’agira d’appliquer plus particulièrement nos programmes de recherche à un territoire géographiquement bien délimité.

Enfin, la programmation prévoit deux axes émergents :

- La ville : espace de valorisation de ses produits des « terroirs » (Philippe Meyzie, Corinne Marache)

- Femmes en réseaux, réseaux et femmes (Dominique Picco, Bernard Lachaise, Carole Carribon)

Il s’agit là de tester la réflexion collective dans le cadre d’une activité scientifique plus légère (séminaire, table ronde) pour voir si des possibilités de développement existent à l’intérieur du Centre dans ces thématiques en vue du quadriennal qui débutera en 2015.

Cette diversité entend répondre à la taille importante d’une équipe qui rassemble plus de cinquante enseignants-chercheurs et qui couvre plus de cinq siècles. Par ailleurs, elle reflète la pluralité des générations, la diversité des méthodes, les spécificités de notre discipline.